Foire aux questions

Les questions les plus posées sur la contre-visite patronale, classées par thématique. Réponses à jour du décret du 5 juillet 2024.

Cadre & droit

Quelle est la base légale de la contre-visite patronale ?+
L'article L.1226-1 du Code du travail, complété par les articles R.1226-10 à R.1226-12 issus du décret n° 2024-692 du 5 juillet 2024. Le droit de contre-visite est la contrepartie du maintien de salaire instauré par la loi de mensualisation du 19 janvier 1978.
L'autorisation du salarié est-elle nécessaire ?+
Non. Le salarié indemnisé est légalement tenu de se soumettre à la contre-visite. Refus ou impossibilité d'examen ouvrent à l'employeur le droit de suspendre le complément.
La CPAM doit-elle être prévenue à l'avance ?+
Non. La contre-visite patronale est indépendante de la CPAM. Le rapport n'est transmis à la Caisse qu'à l'issue de l'examen, sous 48 heures, et uniquement si le verdict est défavorable.
Le médecin traitant peut-il s'y opposer ?+
Non. Le médecin traitant prescrit l'arrêt mais ne peut pas faire obstacle au contrôle. Le médecin contrôleur n'a d'ailleurs pas à entrer en contact avec lui.
Un salarié peut-il contester le rapport ?+
Oui, par deux voies. Auprès du médecin-conseil de la CPAM pour les IJSS, et devant le Conseil de prud'hommes pour la suspension du complément de salaire.
La contre-visite est-elle compatible avec le RGPD ?+
Oui. Les données échangées sont strictement limitées à l'identité du salarié, son adresse de repos, les dates de l'arrêt et le verdict de la visite. Aucun diagnostic n'est transmis à l'employeur. Les données médicales restent couvertes par le secret médical (HDS chez MandaPro).

Quand mandater

Combien de fois peut-on mandater pour le même arrêt ?+
Il n'y a pas de limite légale, mais le caractère raisonnable et non vexatoire prime. Une seconde contre-visite reste possible si un élément nouveau le justifie (prolongation, nouveau diagnostic, doutes circonstanciés).
Faut-il prévenir le salarié à l'avance ?+
Non pour une visite à domicile : c'est une visite inopinée pendant les heures de présence obligatoire. Oui pour une convocation au cabinet : la convocation doit être adressée par tout moyen conférant date certaine (art. R.1226-11).
Le salarié peut-il refuser un médecin précis ?+
Non. Le libre choix du médecin appartient à l'employeur. Le salarié ne peut ni récuser ni imposer un médecin.

Heures, lieu, déroulé

Quelles sont les heures de présence obligatoire ?+
Par défaut 9h-11h et 14h-16h tous les jours, dimanches et jours fériés inclus, sauf mention contraire portée sur l'arrêt.
Comment fonctionne la « sortie libre » ?+
Lorsque l'arrêt mentionne « sortie libre », le salarié est dispensé d'heures de présence obligatoire. Il doit alors, en application de l'article R.1226-10, indiquer à l'employeur les créneaux pendant lesquels la contre-visite peut intervenir.
Le salarié peut-il être hors de son département ?+
Oui, à condition d'avoir prévenu l'employeur du changement de lieu de repos (art. R.1226-10). Sans cette information, une visite impossible peut être actée.
Que se passe-t-il si le salarié est absent ?+
Si la visite intervient pendant les heures de présence obligatoire et que le salarié est absent sans motif légitime, le médecin acte une « visite impossible ». L'employeur peut alors suspendre le complément.
Et si le salarié refuse d'ouvrir la porte ?+
Le médecin acte le refus dans son rapport. Cela vaut « visite impossible » au sens du dispositif, avec les mêmes effets.
Combien de temps dure une contre-visite ?+
L'examen lui-même dure généralement entre 10 et 20 minutes. Avec le déplacement et la rédaction du rapport, comptez environ 1h-1h30 par mandat côté médecin.

Conséquences

Que peut faire l'employeur si l'arrêt est jugé non justifié ?+
Suspendre le complément de salaire à compter de la date de la contre-visite, après notification écrite et motivée au salarié. Il ne peut pas suspendre lui-même les IJSS : seule la CPAM décide.
Peut-on licencier sur la base d'un rapport non justifié ?+
Non, pas à lui seul. La Cour de cassation (Cass. soc. 27 juin 2000, n° 98-40.952 ; Cass. soc. 16 mars 2016, n° 14-16.588) interdit toute sanction disciplinaire — avertissement, blâme, mise à pied, licenciement — fondée sur le seul rapport. Seule la suspension du complément est juridiquement ouverte. Un licenciement nécessite un faisceau d'indices objectifs indépendants.
Quel délai pour saisir le médecin-conseil après une suspension des IJSS ?+
10 jours francs à compter de la notification de la suspension par la Caisse. Le médecin-conseil répond ensuite dans un délai de 4 jours francs.
Le salarié obtient un nouvel arrêt après une contre-visite défavorable, le complément reprend-il ?+
Oui. La Cour de cassation (Cass. soc. 5 mars 1997, n° 94-44.902) a tranché : tout nouvel arrêt rouvre le droit au complément. Si l'employeur veut contester ce nouvel arrêt, il doit re-mandater une contre-visite — le précédent rapport ne peut servir à le suspendre.
Qui supporte la charge de la preuve en cas de litige ?+
L'employeur (Cass. soc. 30 juin 1988, n° 86-41.898). Il doit prouver la régularité du mandat, le déroulement de la visite, la motivation et la notification de la suspension. Sans dossier complet, il peut être condamné à verser les compléments suspendus avec intérêts.
Le salarié peut-il refuser le médecin contrôleur ?+
Non en principe. Mais il peut légitimement refuser si le médecin ne justifie pas de sa qualité et de son mandat (Cass. soc. 11 décembre 1986, n° 84-41.672), si une inaptitude a déjà été constatée par la médecine du travail, ou si l'examen serait extrêmement douloureux ou dangereux compte tenu de son état.
Le médecin transmet-il le diagnostic à l'employeur ?+
Jamais. Seul le verdict (justifié, non justifié, impossible) est communiqué. Le diagnostic relève du secret médical et n'est partagé qu'avec le médecin-conseil de la CPAM en cas de transmission.
Que devient le rapport en cas de visite favorable ?+
Il n'est transmis qu'à l'employeur. Aucune transmission CPAM, le dossier est clos.
L'employeur peut-il récupérer le complément déjà versé ?+
La suspension prend effet à compter de la date de la contre-visite, sans rétroactivité sur les jours antérieurs déjà payés.

Spécificités

La contre-visite est-elle possible en accident du travail ?+
Oui, mais elle est moins efficace : la présomption d'imputabilité joue fortement en faveur du salarié, et une simple discordance ne suffit pas à renverser la qualification AT. Le rapport reste utile pour amorcer une procédure de contestation AT/MP.
Et en maladie professionnelle ?+
Oui dès que la reconnaissance est acquise. La contestation passe ensuite par d'autres voies (CRRMP, contre-expertise).
La contre-visite est-elle possible en congé maternité ?+
Non. Le congé maternité relève d'un régime spécifique et n'entre pas dans le champ de la contre-visite patronale.
Et pour un salarié en télétravail ?+
Oui. Le télétravail ne change rien : un arrêt indemnisé reste un arrêt indemnisé. La contre-visite a lieu au lieu de repos communiqué.
Et pour un salarié en CDD ?+
Oui, sous les mêmes conditions qu'un CDI, dès lors que les seuils d'ancienneté et le complément employeur sont remplis.
Et pour un intérimaire ?+
Le mandat appartient à l'entreprise de travail temporaire qui verse le complément, et non à l'entreprise utilisatrice.

MandaPro

Quel est le tarif ?+
120 € HT en visite au cabinet ou à domicile, avec indemnités kilométriques au-delà des 10 premiers kilomètres en domicile. Pas d'abonnement.
Le rapport est-il opposable ?+
Oui. Le rapport est horodaté, signé électroniquement par le médecin et hébergé en environnement HDS. Il est conforme aux exigences probatoires des juridictions prud'homales.
Y a-t-il un suivi en temps réel ?+
Oui. L'employeur suit chaque étape (mandat, acceptation médecin, visite réalisée, rapport disponible) depuis son espace client, avec notifications email.
Quel régime juridique pour la donnée médicale ?+
Données hébergées chez un prestataire certifié HDS, séparation stricte du diagnostic et du verdict, journal d'audit complet. Le RGPD et l'article L.1110-4 du Code de la santé publique sont respectés.